
8ème jour ( 24 janvier 2004 ) - Rousse
Rousse - température -4 -2 journée farniente, on en profite- 0 Km
On est bloqué par la neige, le patron de l'hôtel nous
conduit en ville. On y reste 5 heures à se promener sous la neige qui ne
cesse pas. C'est très beau. On ne sait pas encore comment quitter
Rousse, l'idéal serait de trouver un camion, on verra plus tard. Pour
l'heure, ce moment de détente est parfait, on a trouvé une salle
Internet (sous Linux) et aussi des fusibles d'avance. Le cyrillique nous
est totalement hermétique et c'est amusant et déroutant. On rentre à
l'hôtel (le patron nous avait donné RdV ), et soirée tranquille.

9ème jour ( 25 janvier 2004 ) - Rousse -
température -4 neige,neige,neige - 0Km.
Ce matin, un peut déconfits, il nous est impossible de
démarrer, il neige toujours. Peut-être pourra-t-on partir en camion
demain jusqu'à la frontière turque?
On passe une très bonne journée avec Milen et sa femme
Vesy qui nous invitent au restaurant et nous montrent la ville du haut
de la tour de télévision.
Plein d'échanges franco-bulgares. Ce fut une journée
passionnante.
Nous sommes quand même un peut inquiets quant a notre
progression journalière

10ème jour ( 26 janvier 2004 ) - Rousse
Dabrovo - température -8 ciel bas.
Départ très émouvant dans la tradition russe: nous nous
asseyons tous autour d'une table pour quelques minutes et chacun
souhaite à l'autre 'bonne chance' 'bonne route' et 'bonne vie'.
Une journée éreintante, surtout pour Jean-Luc qui
réussit a maintenir nos 400 kg sur une route verglacée. La moto
progresse à moins de 40 Km/h col après col. Le froid est si vif que des
stalactites s'accrochent à la moustache de Jean-Luc sous le casque.
Dominique a mal à chaque muscle, tant elle essaye de maintenir
l'équilibre, même si c'est illusoire. 6 heures et 150 Km après, on
s'arrête. Un gros coup de découragement. Ce n'est vraiment pas de
chance, les gens d'ici n'ont pas vu d'hiver si neigeux depuis 25 ans, et
c'est l'année qu'on a choisi.
Il faut absolument passer le massif des Balkans et ce
n'est pas simple. On accumule le retard, les panneaux indicateurs en
cyrillique entraînent des erreurs pénibles (une faute de 30 Km nous a
fait rouler encore 1h30 sur la glace).
L'acharnement paye toujours, donc on poursuit.

11ème jour ( 27 janvier 2004 ) - Gabrovo
Simeongrad température -11 à 0 - temps clair puis neige - 200 Km.
Ce matin, nous tentons de passer le col de Chipska:
impraticable en moto.
On rebrousse chemin et on refait les 40 Km de la veille
qui nous ouvrent une route vers un col moins élevé. Euréka, ça passe, on
a enfin franchi le massif Stara planina. La descente est périlleuse, la
route complètement défoncée( neige, terre, boue, trous, cailloux). Enfin
la vallée est là; une belle route, des lavandes (pas en fleur!) des
champs de blé en germination et surtout plus de neige. 80 Km tranquilles
et ... à 4 Km de la frontière, la Bulgarie tente encore de nous retenir
par une tempête de neige. En 5 minutes il n'est plus possible de rouler.
Dès le premier village, on demande à un passant un endroit pour dormir
et nous voilà chez Dandjo, vieil homme de 75 ans, ancien routier
international qui a parcouru l'Europe et l'Asie. La moto a pris la place
de sa Kinetto dans le garage. On boit le thé (tchaï), on bavarde avec
gestes anglais, allemand et dès 20 heures, avec pour dîner deux biscuits
(il n'avait que ça) on monte dans la chambre chauffée au poêle à bois
charbon. Nous reconnaissons alors l'odeur qui régnait dans la plaine. Ce
n'était pas de la pollution comme nous ne pensions, mais l'odeur des
boulets de charbon.
On a quand même regardé la météo a la télé. Le temps
s'annonce à la pluie et après tous ces jours pénibles, la pluie serait
un moindre mal.
Verrons nous enfin la Turquie?



92ème jour (17 avril 2004) - Simeongrad Russe -
température 10 18 ciel bleu - 300 Km
Cette fois c'est d'une traite que nous traversons la
Bulgarie ( c'est un tout petit pays) où nous étions restés bloqués par
le neige en janvier. Le printemps est là et c'est l'occasion de passer
par le col impraticable cet hiver et qui nous avait vu rebrousser
chemin. On s'arrête à Chipska où les dômes dorés d'une église byzantine
nous séduisent. Un jeune bulgare nous explique que ce sont des russes
qui l'on construite au siècle dernier, ce qui lui a valu d'être épargnée
par les soviets. Il nous montre fièrement la croix transperçant le
croissant turc, tel saint Michel terrassant le dragon. Les bulgares ne
portent décidemment pas les trucs dans leur coeur...
Ce soir, nous avons retrouvé Milen, Vesy et leur bébé
Christian. Ils nous offrent l'hospitalité,le restaurant, leur
gentillesse. Des amis à eux sont là aussi et on regarde les photos du
voyage sur le PC en buvant des grands verres de rakiya ou de grosdova.
C'est une super bonne soirée et il est une heure du matin lorsqu'on
s'écroule fourbus dans le lit.
