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18ème jour ( 03 février 2004 ) - Dogubenazit Tabriz - température -5 a +5 temps ensoleillé - 300 Km.

Ce matin, après un petit déjeuner frugal, nous voila partis vers la frontière bien contents de laisser cette dernière ville turque si inhospitalière. Le passage des douanes a été long, mais sans contrôle de bagages. Le temps de faire la queue pour le carnet de passage en douane, Dominique piétine dehors sous les regards curieux d'une foule en attente. Avant l'ouverture de la double grille roulante turco iranienne, elle avait mis son hidjab obligatoire (sous le casque).

La frontière passée, on cherche un bureau d'assurance et on règle 40 € pour 3 mois, on change de l'argent ( l'iranien se met 10% dans la poche), on fait le plein d'essence pour 0,60 Euro. véridique! et nous voila partis pour Tabriz.

200 Km de route parfaite souvent à 110 Km/h. Il fait encore froid, mais la neige est plus loin et c'est un paysage de désert de roches ocre et rouge magnifique. On grimpe encore quelques petits cols enneiges. Voitures et camions klaxonnent avec enthousiasme à notre passage. Ce sont de grands saluts de part et d'autre. On se sent bien.

Nous arrivons à Tabriz à la nuit tombante et c'est avec une circulation démente qu'il faut composer et trouver un hotel. Nous avons revécu l'équipée en Royal Enfield d'il y a 2 ans en Inde.

C'est chose faite, il est simple et économique. On sort manger des kebab de boeuf sur des grandes galettes arrosés de 2 limonades (ZamZam) prix, moins d'un € pour 2, une halte dans une pâtisserie, ou l'on achète gâteaux à l'amande et crème fouettée, un régal pour moins d'un Euro aussi!

Même si partout c'est écrit en farsi, donc incompréhensible et encore plus qu'en Bulgarie, les grandes directions sont doublées en Anglais et on s'en sort. Pour la ville, il suffit de demander, les Iraniens sont très serviables et beaucoup parlent anglais.

On est de belle humeur et fiers de nos presque 5000 Km parcourus.


19ème jour ( 04 février 2004 ) - Tabriz Kazvin - température -5 +5 temps clair - 480 Km

Longue route encombrée de camions traversant les monts du Zagros. On voit encore la neige des que l'on grimpe sur les hauteurs, puis nous traversons une plaine large avec quelques dunes érodées par le vent; on dirait des orteils de géants.

Les petites villes sont souvent coquettes et les femmes toutes voilées dégagent un certain mystère. Nous nous amusons a les appeler Belphégor ou Corneilles et elles traversent les rues sans regarder a la nuit tombée, Allah est grand! Ce soir on fait les boutiques, Dominique essaye un Tchador ( cela veut dire tente), mais 25 Euro c'est trop cher, donc on se rabat sur une sorte de redingote noire lui arrivant a mis mollet. Ainsi, elle se sent moins gênée et protégée des regards curieux et inquisiteurs. Les deux jeunes vendeuses toute en-tchadorisées se marraient à se rouler par terre de l'allure 'As de pic' qu'arborait Dominique ( les Rangers, la combinaison de ski et par dessus la redingote et le hidjab, le foulard).

Un peu plus tard, on s'offre une sorte de sandwich aux macaroni et au foie de volaille tout en discutant avec un iranien qui s'est déclaré très rapidement être un pro-américain et opposant farouche au "régime clérical et féodal actuel", il se désole du niveau de vie de la population qui ne cesse de baisser, salaire minimal 100 Euro, mais en fait ratio identique à chez nous pour le prix de l'essence par exemple. Soirée intéressante et l'on se quitte en lui disant de faire attention a ceux qui se disent ses amis alors qu'il est assis sur une mer de pétrole. Il a très bien compris le message.

Retour a l'hôtel, 8 Euro la nuit, et cela ne vaut pas plus. Nous nous séchons dans les draps car les serviettes ne sont pas fournies. Comme a chaque étape, la moto est bien sur a l'abri.


20ème jour ( 05 février 2004 ) - Kazvin Kashan - température +1 +10 - journée ensoleillée ciel bleu 400 Km

Après une promenade matinale dans Kazvin où nous découvrons une belle mosquée, et quelques photos volées au coin d'une rue, nous démarrons.

Le ciel est bleu et la route file droit sur Téhéran. C'est une autoroute interdite aux cyclomoteurs, ce qui fait qu'on nous laisse passer sans payer a chaque péage.

On laisse la neige a l'ouest après avoir passe un col encore enneige. Puis on aborde les paysages désertiques caillouteux. On aperçoit quelques usines entourées de barbelés et surveillées du haut de miradors.

L'arrivée sur Téhéran est épique; c'est l'Asie dans toute son effervescence et Jean-Luc se faufile a coups d'accélérateur. On se perd 2 heures dans cette cité tentaculaire où l'on fera étape au retour. Enfin nous trouvons la route de Qom, et l'on atteint la ville sainte en 2 heures. C'est une ville très conservatrice et on croise des femmes hyper-mega voilées ne laissant apparaître que les yeux. Les mollah enturbannes de blanc paradent ici en maîtres absolus.

On s'arrête un instant devant le sanctuaire de Fatima sublime de mosaïques bleues et dont le dôme doré a la feuille est en réfection. Dans le lits assèché de la rivière, s'entassent les bus de pèlerins et c'est une foule en noir et blanc qui déferle vers le sanctuaire.

Bien sûr, on se perd dans Qom, toujours en raison des indications en farsi et après de multiples renseignements, on retrouve la route de Kashan.

Celle-ci traverse le désert du Dasht-E-Kevir désert qui fait la moitie de l'Iran. C'est un paysage étonnant de dunes de roches ocres et de platitudes semées de bouquets d'herbe a peine enracinées. La température est plus douce et on file bon train. On aperçoit de temps a autres de minuscules hameaux couleur sable qui se fondent dans le paysage.

L'arrivée sur Kashan est plus calme. C'est une ville oasis élégante et raffine aux maisons basses de forme douce. On trouve après mille difficultés le seul hôtel du centre ville. Hier, nous avions paye 8 Euro la nuit, ici 25 Euro; c'est de bonne guerre, il n'y a rien d'autre.

A peine installes, on part en quête d'Internet et nous sommes conduits par un jeune homme qui désespère nous expliquer la direction en farsi. Impossible de mettre le site a jour et l'on donne de nos nouvelles par emails, puisque le téléphone portable affiche "réseau interdit". Ce n'est pas encore un pays de liberté ou même faire des photos peut être délicat.

On s'est encore laissé prendre par le week-end (jeudi et vendredi) et on n'a presque plus d'argent pour demain. Donc dîner restreint, du pain plat comme la main et un peu de poulet grille, hum! (car il faut garder du liquide pour l'essence)

Retour au bercail par le bazar aux voûtes superbes.


21ème jour ( 06 février 2004 ) - Kashan Yazd - température +10 +18 - temps nuageux, quelques gouttes de pluie, vent de sable latéral -380 Km.

Paradoxe: nous rentrons dans le vrai désert sous un fin crachin qui ne dure que trente minutes, le soleil reprenant ses droits. Nous supportons encore très bien nos piles de vêtements, nous avons juste supprime les sacs en plastique dans les rangers. Quelle sensation étonnante de rouler sur une route rectiligne avec le regard qui cherche en vain ou se poser. On passe devant d'ancien caravansérails en pisé et on a l'impression que les camions en files indiennes ont pris la place des chameaux de la route de la soie. C'est une belle journée de voyage et on s'émerveille des quelques minuscules oasis ou s'empilent de petites maisons ocres aux toits ronds. Le désert sec et aride fait place au désert de sable craquelé où poussent de maigres touffes d'herbe. Le désert de Kavir-e-Lut est l'une des régions les plus arides de la planète ( 320 km2).

Le vent latéral souffle fort et couche les maigres pins de la ville oasis de Na'in. Nous poursuivons notre route sur Yazd et arrivons en milieu d'après midi après 350 Km de désert. C'est la plus ancienne ville du monde et Marco Polo disait de Yazd que c'était une noble cité surgie de nulle part. La ville est au pied du Chir Kouch qui culmine a 4070 m.

La ville promet tant de beautés ( les tours du vent qui assurent une climatisation parfaitement écologique depuis des millénaires) que nous y séjournerons au retour. Nous trouvons un bel hôtel à l'entrée de la ville et depuis tant et tant de jours, nous nous offrons un vrai repas au restaurant. Demain, avec le Baloutchistan proche, nous serons prudents lors de nos arrêts sur la route.


22ème jour ( 07 février 2004 ) - Yazd Kerman - température 10 a 16 - Soleil pluie vent de sable - 350 Km

Longue route de désert sur 350 Km avec un vent de sable nous obligeant a rouler a 40 Km/h. Nous rencontrons les panneaux nous annonçant vaches chameaux ou gazelles et nous n'avons vu ni les uns, ni les autres. Les champs de pistachier s'étendent a perte de vue tels des bois de cerf aux reflets roses. On aperçoit les trous d'aération des khanats (système d'irrigation souterrain qui amène l'eau de la montagne sur 40 Km au moins).

Et bien sûr il y a toujours les mêmes caravanes de camion. La route de la soie a de l'avenir dirait-on car elle est en train d'être dédoublée pour en faire une véritable autoroute.

Presque partout en Iran on a cette même impression de propreté avec les oasis verdoyantes aux grand boulevards bordés de pins et leurs rond-point decorés très kitch (palmiers en plastique oranges fluo clignotant la nuit). Les gens que nous rencontrons sont toujours chaleureux, curieux, prêts à aider si tout le moins, le sésame avant toute entrée en matière a été donne :"Salam Alekoum" et dit bien sur par l'homme s'adressant aux hommes.

Arrive a Kerman on tourne 1/2 heure avant de trouver l'hôtel. C'est un hasard, c'est le même réservé par AITO pour notre retour le 30 mars, mais pas au même prix! beaucoup moins cher!

Nous dînons au restau de l'hôtel qui nous sert un repas iranien traditionnel: soupe vermicelle et haricots blanc, salade composée, sauce yaourt mayonnaise, riz safrané et boeuf en sauce avec en dessert du caillé. Le Petit Futé nous annonçait sur la route d'aujourd'hui de multiples contrôles policiers, et nous n'avons rien vu si ce n'est des contrôles douanier pour les camions.

Demain, route vers Bam avant dernière étape avant le Pakistan. Que sera cette citée après le terrible tremblement de terre?


23ème jour ( 08 février 2004 ) - Kerman Bam - température 0 a -2 - ciel a la neige - 180 Km

Nous longeons aujourd'hui le Dasht-e-Lut, désert mais sous la neige (encore!!), puis arrivée a Bam et pour l'heure nous ne ferons aucun commentaire tant le choc est rude. Nous logeons au même endroit que "Médecins du Monde" et "Médecins Sans Frontière".


24ème jour ( 09 février 2004 ) - Bam Zaedan - température +2 +18 - Soleil - 300 Km

Aujourd'hui, pas de mauvaise surprise, le temps reste splendide, le ciel bleu pur. Sur cette étape de 300 Km, nous parcourons 250 de désert tour a tour lunaire puis de dunes puis plat sans trace de végétation. Nous roulons quasiment seuls et parfois quelques camions croisent notre route. Pas de pompe a essence avant 100 Km et la moto est a mi-réservoir. On en trouve dans une minuscule oasis, pauvre et désolée ou l'armée est présente. C'est l'occasion de parler un peu et c'est OK, on peut continuer, la route est sure. Aussi nous filons très vite sur Zaedan, cette partie de l'Iran bordant le Baloutchistan pakistanais est très incertaine et nous préférons ne pas nous attarder.

Après un très long moment de solitude totale, on rencontre quelques chameaux qui courent en longues foulées et traversent la route devant nous. Plus loin gisent quelques ossement et au détour d'une légère courbe est plante encore une tour ocre de surveillance militaire.

On arrive sans encombres à Zaedan, dernière oasis avant la frontière. C'est une ville sans attrait particulier et par un véritable hasard, on trouve un petit hôtel très rapidement. Nous repartons aussitôt en ville et on profite d'avoir trouvé un poste Internet pour envoyer des nouvelles. La mise a jour du site toujours pas possible ( pas de lecteur CD ROM partagé)

Retourner a l'hôtel a relevés de l'intuition des grands voyageurs qui nous a guidé a bon port.

Voila une journée de plus qui met un terme a notre première approche de l'Iran.
 

Suite au Pakistan

Iran


77ème jour (2 avril 2004) - Dalbandin Zaedan- température 17 35 horizon fermé, vent de sable - 300 Km

Rude journée avec le passage de la frontière pakistano iranienne. C'est aussi une journée unique car nous ne vivrons plus jamais cela. Le vent du désert a soufflé sans discontinuer. C'est une tempête de sable. La moto s'en trouve nettoyée par ce sablage naturel. On ne voyait plus l'horizon opaque et gris jaune, par moments, c'était comme le brouillard, réduisant la visibilité. Jean-Luc conduisait au jugé, centrant la moto entre les balises (pierres blanchies) qui bordent les deux côtés de la route. Il avait l'impression de faire un atterrissage de nuit avec 'flight simulator' en permanence. Le sable se déplaçait en nappes crissantes et les bourrasques soulevaient des toupies tourbillonnantes qui s'infiltraient partout. C'était une impression étrange et hallucinante.

Il y avait très peu de circulation sur cette route lisse et à chaque muret délimitant le passage des oueds, il y avait appel d'air. Soudain, la route disparaissait sous un tapi de sable, c'est la dune qui glissait sur la route et on ralentissait presque au pas. Deux cents Km dans ces conditions, c'est éprouvant pour le conducteur, pour la passagère, il convient de garder les paupières mi-closes sous la visière bien fermée, car avec les lentilles de contacts, c'est une souffrance pour les yeux.

Enfin nous arrivons à la frontière. c'est l'occasion d'une bonne empoignade verbale à propos du carnet de passage de la moto qui n'a pas été tamponné lors de notre première entrée. Jean-Luc explique que cette douane est un bor..., que pour toutes les autres douanes traversées, tout allait bien, qu'il n'y a qu'ici qu'il y a problème, qu'il n'y a aucune indication et que nous ne sommes pas responsables de leur incompétence. Le douanier qu'on avait dû attendre pour cause de prière va chercher le chef qui ne viendra qu'après son déjeuner. Enfin çà parlemente et après une heure et demi d'attente, on obtient le tampon (sans celui-ci, impossible de récupérer la caution douanière, 100% de la valeur de la moto déposée en France avant le départ).

Côté iranien, en moins d'une demi heure tout est fait. Dominique traîne un peu pour mettre le voile, fume ostensiblement une cigarette: çà s'appelle narguer en français!

Après le plein côté iranien (1 Euro pour 16 litres), la route reprend parfaite maintenant. La tempête s'est perdue entre les montagnes de l'Afghanistan et du Pakistan tout proches ( Nous avons été très longtemps à moins de 30 Km de l'Afghanistan).

On fonce sur les 80 Km restants. On sait qu'à Zaedan çà craint, donc il faut arriver bien avant la nuit et que ce plus, il n'y a rien à voir. Donc on s'arrête dès l'entrée dans l'oasis dans un hôtel pavillonnaire. C'est assez joli, la police vient vérifier les passeports. On s'installe, pressés de se doucher. Pas d'eau! L'homme d'entretien explique qu'il y en aura tout à l'heure à la nuit. La nuit est là depuis deux heures et toujours rien ne coule des robinets grand ouverts. Nous sommes couverts de sables, nous avons eu très chaud toute la journée. Très en colère et il faut voir!, Jean-Luc va protester. Il n'a pour vêtement qu'une serviette nouée autour de la taille. Le patron vient, tripote la robinetterie et un mince filet d'eau froide arrive. Jean-Luc se précipite, se savonne et ... plus d'eau du tout! La rage au coeur, il s'entortille la taille dans sa serviette et file pieds nus à travers les bungalows ( tous vides) jusque dans la salle de restaurant située à l'entrée de l'hôtel et aussi ouvert aux clients extérieurs. Il entre dans la salle et crie avec force gestes. Il y a là deux femmes entièrement tchadorées et quelques clients. Jean-Luc n'en a cure. En Iran, sa tenue pour le moins dénudée est un outrage qui mérite prison, et il fallait avoir le cran! Le patron revient et propose pour 10 Euro de plus une belle chambre avec de l'eau, lorsque Jean-Luc réclame son passeport et ses sous pour aller ailleurs. On accepte, bien trop fatigués pour tout réinstaller sur la moto et repartir. La chambre est plus coquette, mais l'eau ne sort de la pomme de douche que si elle est en dessous de 30 cm de haut! Donc tant pis pour le shampooing, on se lave tout de même et on retourne au restau ( habillés cette fois) car on n'a toujours rien mangé depuis ce matin. Et là, pas de chance ... on ne sert plus! Le restaurateur nous prépare quand même deux saucisses de volaille au piment vert et une pizza goût iranien.

C'est ainsi que se terminent nos pérégrinations de la journée, il est plus de 22h et on s'endort comme des bûches.


78ème jour (3 avril 2004) - Zaedan Bam - température 15 30 ciel bleu - 350 Km

Départ au petit jour très frais. On sait qu'on a 350 Km de désert en vue et ce n'est pas pour nous déplaire, malgré le petit pincement au coeur lorsqu'on se lance. Le silence est impressionnant, l'air d'une pureté cristalline et le ciel d'un bleu intense. On traverse des collines ocres, des étendues plates comme la main, à la végétation rare. De temps à autre, des panneaux indiquent les mosquées, simples structures métalliques (hangar) puis à nouveau ce sont les dunes de sable doré. Cette route qui relit Zaedan à Bam est incertaine au niveau de la sécurité, c'est une zone à risque de part les trafiquants de drogue venant pour la plupart d'Afghanistan. Cette nuit, nous avons entendu explosions et coups de feu. Pourtant le jour tout paraît tranquille, mais cependant, les douilles trouvées sur les aires de stationnement révèlent bien des choses ...

A 80 Km de Bam, la route est fendillée sur quelques Km. On arrive à Bam et on s'installe dans le même hôtel qu'à l'aller. Il n'en reste d'ailleurs que deux, à l'extérieur de la ville que le tremblement de terre n'a pas anéanti. Les ONG sont presque toutes reparties. Il est à peine 14h. Comme la citadelle est détruite et qu'on n'a pas envie de faire les voyeurs, on se repose. Depuis notre arrivée en Iran, on sait que le plus difficile du voyage est derrière nous. On va bien, si ce n'est quelques problèmes de tripe (pour chacun) et la moto est ravie de retrouver les 100km/h. L'hiver du désert est fini et c'est drôle de se dire qu'il y a un peu plus d'un mois, nous devions porter ici les combinaisons de ski. Les oasis sont en fleur et la chaleur est encore tout à fait supportable.

Les épreuves vécues sont passées et l'union de notre couple a permis de tout supporter (souvent avec humour ou dérision). Nous vivons 24h/24 l'un derrière l'autre et il n'y a jamais eu de heurs. C'est une aventure merveilleuse et si nous le notons maintenant, c'est bien que dans nos têtes se profile la fin du voyage. Dans trois semaines, si tout va bien, nous retrouverons notre monde, après ces quelques 2000 Km passés dans le désert ( depuis Faisalabad au Pakistan).


79ème jour (4 avril 2004) - Bam Kerman - température 17 26 ciel bleu - 230 Km

On quitte Bam tard dans la matinée car nous tenons à aller dans la ville. Lors de notre premier passage, le choc avait été violent et nous nous étions abstenus par crainte de voyeurisme. On sent les prémices de la reconstruction, les camions déblaient des tonnes de gravas, la vie économique s'organise: étals de fruits, d'épicerie, de vêtements. Les jeunes sont ravis de parler avec les étrangers et on leur souhaite bon courage. Avant de quitter Bam, on passe voir ce qui reste de la citadelle. Pas grand chose; des escaliers en bois ont été installés, ils ont été découpés autour d'une fenêtre laissée là en témoignage.

Vers 10 heures, on prend la route sans se presser, elle grimpe jusqu'à 2200m et le mois dernier, il y neigeait. Aujourd'hui, il y fait juste frais. C'est une région semi désertique plantée de touffes rabougries.
On s'arrête à Mahan, jolie petite oasis entourée de sommets enneigés et on en profite pour aller voir le mausolée Shah Nematollah Vali. Il a un très beau dôme et deux minarets turquoise. Un homme entreprend Jean-Luc. Un peu fou, il parle anglais à toute vitesse et postillonne avec ardeur. Il veut savoir comment être heureux: avec l'argent, le travail, le prophète etc. ? Ainsi, pendant une demi-heure, il bombarde Jean-Luc de questions. On peut enfin s'en débarrasser et nous repartons vers Kerman. On retrouve avec un peu de peine l'hôtel du mois dernier. L'accueil est toujours aussi chaleureux et c'est plein de français qui voyagent en groupe. Tous sont ébahis de notre équipée et le matin, ils prenne plein de photos.

C'était une bonne journée, très nonchalante et on a bien profité de notre temps libre. Nous sommes allé flâner vers le bazar près de la mosquée du vendredi manger une glace dans un ancien caravansérail où Dominique a fumé quelques bouffée d'un narguilé prêté par deux jeunes iraniens. Bref, on s'est offert du bon temps.


80ème jour (5 avril 2004) - Kerman Shiraz- température 19 08 ciel couvert - 520 Km

Le guide écrit "Dans ces contrées, les précipitations sont nulles ou presque...", le presque était pour nous!

Nous avions à peine commencé la route que le ciel déjà bien gris s'assombrit. Le vent souffle en rafales et la pluie est bien là. On s'arrête, on fouille les polochons et on sort les combinaisons de pluie enfermées là depuis plus d'un mois( un peu moisies!). Ainsi parés, il faut traverser les monts Kuch I Rud dont les sommets culminent à 4500 m. La montagne est dénudée et on se gèle. On redescend dans une vallée, on remonte, puis on atteint la haute plaine prospère et fertile. Ce sont des vergers de figuiers, d'amandiers, de pistachiers et des champs d'orge et de blé.

Enfin c'est Chiraz après le grand lac salé aux eaux turquoise dont le sel est amassé en petites collines blanches. Le soleil arrive en même temps que nous et bien vite on trouve un hôtel. Le temps que Jean-Luc fasse les papiers, on lui fait la remarque que Dominique doit avoir la tête couverte: Grrr!, il n'y a même pas trois minutes qu'elle a oté son casque! Enfin, sans ces histoires de hidjab, les iraniens sont très sympa. L'un nous a offert quatre pommes, l'autre nous invite chez lui. Mais nous n'avons qu'une envie, enlever les vêtement mouillés et nous reposer. Nous n'avons pas prévu de rester à Chiraz, c'est la ville des poètes, il y a plein de choses à y voir; mais on a choisi de rester deux jours à Ispahan, alors...


81ème jour (6 avril 2004) - Shiraz Persepolis Ispahan - température 5 22 ciel bleu - 530 Km

C'était un magnifique journée sou un ciel azur. La fraîcheur est là et Dominique étrenne la pantalon de cuir offert par Jean-Luc à Pondy: confort total! Nous avons r'enfilé les doublures des blousons.

Nous sortons de Chiraz par le porte du Coran et sur l'autoroute on dépasse des troupeaux de centaines de têtes de brebis et chèvres qui transhumaient vers leurs pâturages. A soixante Km de Chiraz, on s'offre une belle halte à Persépolis, capitale de la Perse antique sous Darius en 330 avant JC. Le site archéologique est impressionnant, se découpant sur la montagne ocre. On y traîne nos rangers pendant plus d'une heure, avec beaucoup de plaisir. Puis on enfourche la moto et la route grimpe dans la chaîne montagneuse des Monts Domarau sud du Zagros. La température chute et au sommet du col, on fait halte pour rajouter un pull. Il y a là un poste de secours du croissant rouge et le jeune homme, seul gardien des lieux nous convie à partager son repas. Il dit que le mois dernier, il y avait ici un mètre de neige: frissons rétrospectifs!

La descente arrive et on file à 100 Km/h jusqu'à Ispahan. C'est une grande oasis à 1500 m d'altitude, traversée par une bien curieuse rivière qui, même en crue achève son parcours dans le désert à 100 Km de la ville.

La circulation dans l'oasis est dense et on passe à deux doigts d'un bel accrochage. Jean-Luc a réussi à faire faire un bon de côté à la moto et on évite de justesse la prise en sandwich entre deux taxis: il n'en revient toujours pas!

Plusieurs ponts traversent la rivière, ils datent du XV et XVIème siècle et cette approche de la ville nous plaît beaucoup. On emprunte l'immense avenue longue de 4 Km bordée d'arbres et on trouve, juste à côté de l'hôtel Abyssi ( ancien caravansérail reconverti en hôtel de luxe), notre hôtel modeste et propre. Jean-Luc décharge tout, même les outils ( quel poids!) pour aller garder la moto dans le parking payant d'à côté.

On mange dans la chambre les sandwichs achetés à midi et on décide de ne découvrir Ispahan que demain.


82ème jour (7 avril 2004) - Ispahan Ispahan - température 15 18 soleil et nuages - 0 Km

Une belle journée de repos dans cette oasis étonnante s'achève. Nous avons faits les touristes avec grand plaisir. Découverte de la mosquée de l'Imam sur l'ancienne place Royale rebaptisée 'place Khomeiny'. Cette mosquée est un véritable chef d'oeuvre de mosaïques en faïence bleu-vert du XVème siècle. D'architecture safavide elle s'orne de somptueuses arabesques. Sur la même place se trouve la mosquée Cheik Lotfollah, la porte d'Ali: pavillon au toit soutenu par de fines colonnes de bois.

Nous avons flâné dans les échoppes et dans le bazar où se succèdent les orfèvres les joailliers, les vendeurs de tapis volants persans. Jean-Luc a goûté aux nougats d'Ispahan fourrés aux pistaches. Puis retour à l'hôtel pour une mini sieste. On ressort, traverse le pont Si O Se pour atteindre le quartier arménien. on marche longtemps pour trouver l'église Vank dont la coupole ocre ressemble à celle des mosquées. Juste à côté de la cathédrale se trouve l'église Bethléem. Un office grégorien s'y déroule et on reste un instant. Pour rentrer, on prend un taxi, il fait nuit et les mosquées sont illuminées. Ispahan est une oasis de conte oriental et on ne regrette pas de l'avoir choisie pour s'y délasser.

Aujourd'hui, deux jeunes filles en tchador nous accostent et veulent savoir notre sentiment sur l'Iran et sa population. Intense moment où on explique la sensation d'enfermement dans lequel vivent las femmes de ce pays, ne serait-ce par le tchador. Elles sont l'habitude disent-elles et ce n'est pas pour elles un problème. Et le fait d'afficher des prix en dollars, alors que les USA sont encore fustigés lors de la prière? Oui, c'est vrai, il y a un problème, mais on doit tenter de maintenir de bonnes relations avec l'Amérique ... Ainsi de suite, on se sépare au bout de l'avenue après leur avoir parlé de possibilités d'échanges universitaire. C'est la première fois en Iran que nous sommes abordés par des femmes, c'est dire si Ispahan est évolué! Anecdote: au Pakistan et en Iran, pays islamistes s'il en est, dans chaque chambre d'hôtel, outre le tapis de prière soigneusement posé sur la table de nuit, on trouve une flèche en bois sur socle ou un flèche fixée au mur indiquant la Mecque, ainsi nous, voyageurs, savons où nous prosterner pour implorer Allah dans le bon sens, de nous permettre de poursuivre le voyage!!!!


83ème jour (8 avril 2004) - Ispahan Qasvin - température 7 20 ciel bleu - 540 Km

Nous avons renoué tôt ce matin avec la route, pleins d'énergie pour cette longue étape car nous tenons à éviter Téhéran et à pousser plus à l'ouest. Nous empruntons l'autoroute en principe interdite aux motos ce qui ne semble poser aucun problème à la police qui veut simplement savoir d'où nous sommes. On roule à 110 Km/h et le paysage est celui que nous connaissons; tour à tour semi désertique, montagneux puis des vallées fertiles avec des vergers de grenadiers et d'orangers. A l'approche de Téhéran, s'étend sur plusieurs Km un immense lac bleu ceint d'une large croûte de sel blanc. La circulation se fait plus dense et en 10 secondes on a loupé l'intersection qui nous faisait éviter la capitale et nous voilà dans la mégapole orientale à la circulation monstrueuse. Ici, conduire signifie prendre sa place au mépris de tout, de tous et de chacun et à vive allure. Ainsi, pendant plus d'une heure, on tourne, noms de rues et de quartiers en farsi. On y va au JLGPS ( pifomètre de Jean-Luc qui a toujours bien fonctionné!) et finalement on sort de la ville par la porte Azadi, sorte d'arche en béton plissé. On trouve la directions de Qazvin et on avale les 130 Km restant le plus vite possible avant la nuit. Pari gagné, la ville que nous connaissons déjà se profile en fin d'après midi. Le centre planté de platanes est difficile à retrouver d'autant que la mémoire joue des tours. Nous nous garons enfin dans la cour du petit hôtel économique où nous étions en février.

Journée rapide et sans intérêt majeur si ce n'est la satisfaction d'avoir atteint notre objectif.


84ème jour (9 avril 2004) - Qasvin Khoy - température 6 22 ciel bleu - 570 Km

Dès la sortie de Qasvin, on retrouve les hautes plaines steppiques. On roule vite et les montagnes enneigées brillent et se découpent nettement dans le ciel bleu. On s'arrête à Sanjan pour boire un thé. C'est une ville qui comme Thiers chez nous fabrique des couteaux. Le coutelier qui vend aussi du thé tient à affûter l'Opinel de Jean-Luc après l'avoir longuement observé et reconnu la qualité de l'acier. C'est une pause agréable et il fait très doux. Lorsqu'on repart, la route grimpe aussitôt dans la montagne. Ce sont des monts tout arrondis et pelucheux où fondent les dernières plaques de neige. C'est vendredi (le dimanche des iranien) et des familles entières pique-niquent dans la nature. Celle-ci serait plus belle sans cette multitude de sacs et bouteilles en plastique poussés par le vent qui la dépare. On attend le col et la descente vers Tabriz se fait très vite. Comme dans toutes les grands villes en Iran, et Tabriz ne fait pas exception, on trouve le parc d'amusement et sa grande roue toujours immobile.
Il est tôt et on décide de poursuivre pour se rapprocher de la frontière. On croyait se rappeler un hôtel fermé cet hiver qui devrait être ouvert maintenant. Grosse erreur, et nous sommes contraints de dévier vers Khoy tellement perdue que nul guide n'en parle. On y trouve un hôtel confortable et on boucle la journée au resto devant une soupe d'orge et un kebab poulet bœuf. Ouf, presque 600 Km dans la journée! On sera demain en Turquie pour laquelle nous n'avons pas encore bien défini dans le détail l'itinéraire.

Cela fait une drôle d'impression de redécouvrir tous ces paysages sans neige, c'est comme un autre pays. Il fait encore très frais matins et soirs et on voit que les iraniens ont l'énergie à très bon prix. Les chambres sont chauffées à fond sans possibilité de couper les radiateurs, alors on ouvre une mini fenêtre à moustiquaire bien illusoire pour avoir un peu d'air frais.


85ème jour (10 avril 2004) - Khoy Dogubayazit- température 15 22 ciel bleu - 180 Km

Une journée parfaite.

On part de bonne heure et on se trouve très rapidement sur les hautes plaines avec en toile de fond les monts Ararat, le grand et le petit( 5137 m et 3900 m) blancs de leur neige pérenne, se détachant sur le ciel bleu azur. C'est un paysage de rêve avec une circulation quasi inexistante et un air vif et pur. Nous sommes en altitude à plus de 1900 m. En une heure et demi, on atteint la frontière après avoir changé nos Rials et utilisé les fonds de porte-monnaie pour déjeuner d'un sandwich à la saucisse de ... volaille, bien entendu!

Côté iranien, tout va très vite et dès la grille franchie, Dominique enlève sont hidjab de composition avec un sentiment de délivrance. Chez les turcs, tout traîne en longueur. Le policier de l'immigration perçoit les bakchichs des 'facilitateurs' ,tamponne des passeports sans même voir leurs détenteurs et 'oublie' de les enregistrer dans l'ordinateur. Il y a un monde fou et une remarque de Jean-Luc à très haute voix sur l'entrée de la Turquie en Europe et les bakchichs fait que magiquement c'est notre tour.

On fait étape à Dogubayazit que nous avions vu sous la neige et la grisaille. Aujourd'hui, le temps est radieux et on trouve ouvert l'hôtel fermé lors de notre précédent passage. Notre fenêtre ouvre sur les monts Ararat, quelle chance! On pose les bagages, il est 14h30 ( merci les décalages horaires entre pays) et on ré enfourche la moto pour monter plus haut dans la montagne voir le palais Isak Pasat construit en 1687. On se régale un long moment dans les vielles salles, le harem, le hammam et la mosquée. On redescend dans la ville, achète des millions de Lire au distributeur et retour à l'hôtel pour faire le point pour le voyage turc, ne pas reprendre la même route et découvrir les rivages de la Mer Noire.


Si on devait faire le bilan du périple iranien par deux motards, ce serait sous forme de résumé à rubriques: boire, manger, dormir, se déplacer, échanger.

Boire: la boisson nationale est le thé qui se boit sucre entre les dents. Les iraniens sont friands du petit lait salé et coupé d'eau que l'on trouve partout en bouteille plastique et que nous n'avons pas eu le courage de goûter. Les jus de fruit pêche, ananas, pomme, orange, banane ... excellents sont légion. On trouve aussi des boissons gazeuses Coca Zamzam et enfin pour ceux qui veulent tester, la bière islamique sans alcool. Nous avons goûté, nous n'y sommes pas revenu!!!!

Manger: les plats iraniens ne laissent pas un souvenir impérissable. Les nans ( prononcer nannes), grandes galettes de pain azyme que l'on porte sur le bras comme une serviette sont la base de l'alimentation et accompagnent toutes sortes de kebab ( poulet, mouton, boeuf). La soupe d'orge a assez bon goût et le riz safrané est toujours présent. Les pâtisserie sont quant à elles délicieuses, à la pistache, à la crème fouettée et Jean-Luc adore, ainsi que les douceurs, nougats mous à la pistache d'Ispahan, glace à la rose et à la pistache à Kerman.

Se déplacer: l'Iran est un immense pays de hautes montagnes arides, de plateaux, de steppes où paissent d'innombrables troupeaux de moutons, de désert de pierre et de sable. Les villes sont distantes de 200 à 300 Km et entre les grandes citées, tous les 50 Km, immanquablement il y a une bourgade ou un hameau. Nous avons imaginé que c'était la distance parcourue en un jour par les caravanes d'antan. Les caravansérails d'ailleurs semblent le prouver. Il y a un monde entre les oasis verdoyantes fleuries et prospères et les villages désolés des montagnes. Chaque oasis est conçue selon un même plan: une grande avenue à double sens de circulation aboutissant à un large rond-point orné souvent de son palmier en plastique fluo d'où rayonnent d'autres avenues. Dans les oasis touristiques, les panneaux en farsi sont doublés en anglais, pour les autres, c'est JLGPS!
On roule facilement en Iran, les routes sont toutes parfaites et larges, les stations service nombreuses. Les iraniens ont une relation curieuse avec la pompe à essence: ils s'agglutinent, se servent, payent et repartent à toute vitesse: gare à nous qui mettions du temps à refixer la sacoche de réservoir, nous avons eu droit à moult coups de klaxon rageurs...
Rouler est un vrai plaisir car en dehors de agglomérations, le trafic est quasi nul. les paysages irréels et splendides. En moto, nous sommes privilégiés, en totale liberté. Les touristes peuvent voyager par car, ils semblent rapides, en bon état et confortables. Il est impossible de louer seul une voiture en Iran, il faut un guide accompagnateur. Sûrement très pratique pour la langue, mais moins pour la liberté...
Devinez qui sont les conducteurs les plus fous? Les chauffeurs de taxi et les mollah, ces derniers ( nous l'avons subi à plusieurs reprises) étant bien sûr au dessus des lois qu'ils prêchent. Donc, turban blanc à l'horizon dans une puissante voiture, attention !!!!

Dormir: si l'essence est pratiquement gratuite, l'hébergement est assez onéreux. Les anciens hôtels de luxe de l'époque du Shah sont repris par la célèbre fondation des déshérités (créée en principe pour venir en aide aux victimes de la guerre iran-irak) qui exerce son activité aussi bien dans l'industrie, l'agriculture que l'hôtellerie. Ses comptes ne sont soumis à aucun contrôle et il ne lui est exigé aucun bilan comptable. Elle est très prospère et les troncs qui fleurissent partout lui assurent sa manne très régulièrement. Un des cinq préceptes de l'Islam est l'aumône aux démunis, les Iraniens sont très très musulmans, c'est dire....
Revenons à nos hôtels, le 'Lonely Planet' et le 'Petit Futé' indiquent bien toute la gamme des hôtels, mais ne parle jamais des 'Tourist Inn' que l'on trouve dans toutes les grandes villes et oasis, hôtels confortables, propres, souvent bien situés, dont l'architecture s'adapte à la région. Le prix de 20 US$ toujours fixe, c'est une bonne formule pour un budget moyen. On les a découverts sur la fin et c'est dommage, mais nous avons les adresses et les téléphones et nous nous sommes promis de transmettre aux guides touristiques.

Échanger: les iraniens sont accueillants et très serviables. Ils n'hésitent pas à enfourcher leur petite moto pour vous conduire à l'endroit introuvable pour vous. Ils vous convient facilement à partager leur repas et vous offrent le thé sans cesse. Ils sont surtout curieux de savoir notre opinion sur leur pays et leur peuple. Une remarque cependant, sur dix pays traversés, les deux républiques islamiques ( Iran et Pakistan) ont vu les hommes être irrespectueux envers Dominique dès que Jean-Luc avait le dos tourné. En sa présence, ils la saluaient main sur le coeur ( faut pas serrer la main d'une femme). Le fait d'être occidentale, et même revêtue de la burka et du hidjab ne les arrêtait pas.
Les femmes sont en général timides avec de grands yeux tristes et tirent leurs voiles sur la bouche quand on les croise. Dans les oasis comme Ispahan ou Chiraz, elles sont plus délurées, arborent des foulards imprimés et nous abordent spontanément avec les mêmes questions que les hommes. On a vu deux fois des couples se tenir la main et comme la loi islamique l'interdit, on a envie de le noter. Par contre elle ne semble pas l'interdire entre hommes, ni leurs étreintes et bisouillages (même quand ils sont en uniforme!). Officiellement, il n'y a ni sida ni homosexualité en Iran... Quant à nous, si à l'aller nous avons été trop respectueux de cette 'loi islamique' (Dominique se tenait toujours derrière Jean-Luc lorsque nous étions dans la rue), au retour, dans la rue, nous n'avons pas hésité à nous tenir la main, et nous n'avons pas rencontré la redoutable police des moeurs dont on nous avait tant parlé( info ou intox?).
Pour vous forger une idée sur les programmes de télévision servis en pâture au peuple iranien, utilisez les liens en bas de cette page. Chaque soir, nous avons regardé les différents programmes à différentes heures, c'est pour le moins surprenant!

Climat: nous avons traversé l'Iran du nord-ouest au sud-est et vice versa. A l'aller, jusqu'au sud de Téhéran c'était l'hiver froid et neigeux puis l'hiver froid dans le désert. Au retour, Avril semble être la saison idéale. Il fait tiède dans le désert, frais, sans neige avec les parures du printemps dans les montagnes et un air lumineux partout.

 

Suite en Turquie

 

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Administration
bullet Ambassades et consulats en France
bullet Ambassades et consulats français en Iran
bullet Carte F (Ministère des Affaires Étrangères)
bullet Carte US (voir Webographie)
bullet Time Zone (Greenwich2000.ltd.uk)

 

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Informations générales et utiles
bullet Tourisme en Iran - Informations générales
bullet Combien de Rial pour 1 Euro ?
bullet Quel temps fait-il ? ( meteo123.com)
bullet Tourisme en Iran - Mots et expressions
bullet Claude Humbert - Iran ( carnet de Voyage)
bullet Conseils aux voyageurs (Ministère de Affaires Étrangères)

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Documents
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bullet Permis de conduire international
bulletAssurance véhicule supplémentaire (sur place)
bullet Carnet de passage en douane
Automobile Club de France
6, place de la Concorde
75008 Paris
tél:+33 1 43 12 43 27 Fax: +33 1 43 12 43 26

Source : http://perso.wanadoo.fr/rrahmani
TV Iranien en Directe Live : (besoin de Version 7.2 ou sup.)
 

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Canal 3           Canal Jam-é-Jam 1 
 
Canal Jam-é-Jam 2   Canal Jam-é-Jam 3

 

   

 

     
     

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La dernière mise à jour de cette page date du 21-oct.-2005